« Il faut que je pense à ça… et à ça… » « J’espère que j’ai bien fermé la porte en partant. » « Il ne faut pas que j’oublie les courses ce soir. Est-ce que j’ai bien pris la liste ? » « Je n’aime pas la manière dont elle m’a regardé… elle doit avoir quelque chose contre moi. » « Il faut vraiment que je m’endorme, sinon demain je vais être épuisé. Mince, il faut que j’arrête de penser… Zut, j’ai encore pensé. »
Nous connaissons tous ce petit train qui court presque sans interruption dans la tête. Il commente, prévoit, compare, juge, se souvient, anticipe. Et, pour beaucoup d’entre nous, cette voix finit par devenir tellement familière que nous ne la remarquons même plus. Elle semble être « moi ».
Métro, boulot, messages, réseaux sociaux, séries… dodo. Et même au moment du dodo, la voix intérieure continue parfois sa journée toute seule.
Il y a alors très peu de silence dans nos vies. Pas seulement de silence extérieur, mais de vrai silence intérieur. Celui où, pendant quelques instants, nous cessons de commenter ce qui se passe. Celui où la conscience peut se déposer dans l’espace avant les formes, dans le calme avant l’agitation, dans la tranquillité qui précède le mouvement.
À force, la saturation arrive. Nous nous sentons fatigués du bruit du monde, mais aussi du bruit que nous entretenons nous-mêmes. Fatigués de devoir suivre, comprendre, prévoir, résoudre. Parfois même, simplement fatigués de nous écouter penser.
Et si le silence intérieur n’était pas quelque chose à fabriquer, mais un espace déjà là, que nous retrouvons lorsque nous cessons un instant de l’encombrer ?
Notre vie extérieure n’a pas besoin de s’arrêter pour que nous revenions à cet endroit. Les voitures peuvent continuer à passer. Les enfants peuvent jouer dans la pièce d’à côté. Des dossiers peuvent rester en attente. Une émotion peut même être présente.
Le silence dont je parle n’est pas l’absence de bruit, ni l’absence de pensées. Il est l’espace dans lequel les bruits, les pensées, les émotions et les sensations apparaissent.
Lorsque nous nous déposons vraiment là, quelque chose change. Nous prenons naturellement du recul par rapport à « notre histoire ». La créativité devient plus spontannée, moins recyclée. Les décisions peuvent émerger depuis un endroit plus paisible, plutôt que depuis la réaction, l’urgence ou la peur.
Et lorsque nous faisons régulièrement cet aller-retour dans notre vie, même quelques minutes par jour, nous pouvons avoir cette étrange sensation d’être davantage en vacances intérieurement… alors même que notre agenda, lui, n’a pas forcément changé.
Cela peut sembler provocateur. Nous avons l’habitude de chercher une méthode, une technique, un nouvel exercice à réussir. Mais ici, la direction est exactement inverse.
Il ne s’agit surtout pas de projeter une nouvelle image de soi : plus calme, plus épanouie, plus sereine, plus authentique, plus spirituelle. Cela ne ferait qu’ajouter une nouvelle tâche au mental : « devenir quelqu’un qui sait être en paix ».
Ce qui veut absolument « faire » quelque chose à l’intérieur est souvent précisément ce qui s’agite déjà. Le problème se présente alors comme la solution.
Revenir au silence consiste plutôt à s’offrir, pour une fois, quelques instants sans stratégie intérieure. Ne pas supprimer les pensées. Ne pas fabriquer la paix. Ne pas se convaincre que tout va bien. Simplement cesser de nourrir pendant quelques minutes le commentaire permanent.
Mais comment « ne rien faire » lorsque l’habitude de faire est devenue si forte ? C’est là que certaines plantes peuvent être de merveilleuses alliées. Non pas parce qu’elles accompliraient le silence à notre place, mais parce que leur parfum, leur présence et leur information peuvent nous aider à retrouver le chemin vers cet espace.
S’il y a une plante qui incarne profondément ce thème dans notre travail, c’est l’Oliban.
La résine de Boswellia carterii accompagne depuis très longtemps les lieux de recueillement et les pratiques spirituelles. Il y a quelque chose, dans son parfum, qui semble naturellement ralentir le commentaire mental et ouvrir un espace plus vaste que notre petite histoire personnelle.
Dans notre Oracle des Plantes (à Fabienne et moi, en cours d’édition), nous associons l’Oliban à l’archétype de Brahman : ce qui est avant les formes, ce dans quoi les formes apparaissent, cet espace silencieux qui ne se laisse pas réduire à ce que nous pensons être.
L’Oliban est particulièrement intéressant lorsque nous avons du mal à nous poser, lorsque nous ne supportons plus le silence ou l’inaction, lorsque nous sommes en réaction permanente avec ce qui se présente, ou lorsque notre tête tourne autour des mêmes préoccupations.
« Déposé dans la présence, je perçois les choses telles qu’elles sont et réalise que tout est parfaitement à sa place. Il n’y a rien à retirer, rien à ajouter, rien à faire et rien à être. »
C’est précisément cette qualité d’être que j’aime dans cette plante. Elle ne nous demande pas d’améliorer l’instant. Elle nous invite à le rencontrer.
Sous forme d’huile essentielle, l’Oliban nous pose rapidement dans l’ici et maintenant. Son parfum résineux, clair, profond, balaie le brouillard mental (l’illusion, le monde « pensé ») et nous ramène à l’essentiel.
Sous forme d’hydrolat, le même mouvement devient plus doux, plus progressif, plus quotidien. L’hydrolat accompagne le recul, le silence intérieur et l’apaisement des ruminations au fil des jours.
Pour accompagner une période de surcharge mentale, de ruminations ou simplement nourrir davantage d’intériorité, vous pouvez réaliser une cure d’hydrolat d’Oliban pendant environ un mois.
Procurez-vous un flacon de 500 ml d’hydrolat d’Oliban Oshadhi. Chaque matin, versez une cuillère à soupe de cet hydrolat dans 1 litre d’eau chaude, autour de 60 °C, de préférence dans un thermos.
Buvez cette préparation progressivement au cours de la journée.
Et, comme toujours dans cette approche, ne posez pas d’intention mentale. Ne buvez pas cette eau en vous répétant : « Je dois arrêter de penser », « je dois être plus calme », ou « je dois retrouver le silence ». L’hydrolat est déjà l’intention. La plante porte déjà son orientation. En informant l’eau que vous êtes physiquement avec la qualité d’être de l’Oliban, vous cheminez vers la conscience du silence avant l’agitation.
Lorsque vous buvez quelques gorgées, laissez simplement tomber pendant un instant ce que vous étiez en train de poursuivre intérieurement. Revenez au corps, à la respiration, aux sons autour de vous, à ce qui est exactement là.
Il ne s’agit pas d’utiliser l’instant présent comme un moyen pour devenir plus serein plus tard. Il s’agit, très simplement, de ne pas traiter cet instant comme un obstacle avant le suivant.
Vous pouvez également diffuser l’hydrolat d’Oliban chez vous, notamment dans le diffuseur brumisateur Aroma Spa Oshadhi.
Versez de l’eau dans le réservoir, ajoutez un peu d’hydrolat d’Oliban, puis laissez la brume se répandre doucement dans la pièce pendant quelques minutes.
Cette diffusion n’a pas pour but de parfumer fortement votre intérieur. Elle permet plutôt de déposer une présence aromatique très légère, particulièrement adaptée à un coin de méditation, à un salon en fin de journée ou à une chambre avant un temps de silence.
J’aime particulièrement cette manière d’employer l’hydrolat lorsque l’atmosphère de la maison semble saturée par les écrans, les conversations, le travail ou l’agitation. On ne demande rien à la plante. On laisse simplement l’espace respirer autrement.
Avec l’huile essentielle, l’expérience devient plus immédiate. Une seule goutte suffit.
Vous pouvez l’utiliser en olfaction consciente sur une touche à sentir, dans un inhalateur personnel ou sur un petit galet à imprégner.
Le matin ou le soir, installez-vous confortablement pendant 10 à 20 minutes. Prenez d’abord conscience de vos points d’appui, du souffle, des sensations corporelles, des émotions et des pensées présentes.
Puis approchez doucement la touche à sentir, juste assez pour percevoir le parfum sans saturer le nez.
Observez les notes fraîches, résineuses, lumineuses. Puis laissez le parfum se déposer plus profondément.
Ne cherchez pas à faire disparaître vos pensées. Si l’une d’elles vous emporte, voyez simplement qu’une pensée est apparue, puis revenez au parfum, au corps, au souffle.
Ne cherchez rien. N’attendez rien. Il n’y a aucun état particulier ni aucun but à atteindre.
C’est là que l’Oliban devient un véritable chemin de présence. Il ne remplit pas le silence : il nous aide à cesser de le recouvrir.
Une méditation olfactive guidée à l’Oliban peut également accompagner cette pratique lorsque vous avez besoin d’un cadre pour commencer. Vous la retrouverez sur notre chaine YouTube (si elle n’y est pas encore lorsque vous lisez cet article, guettez là sur nos réseaux sociaux ou via notre newsletter.)
L’huile essentielle d’Oliban peut aussi être diffusée seule, lorsque vous souhaitez créer une atmosphère propice au silence, à la méditation, à la lecture ou simplement à un retour au calme après une journée chargée.
Pour respecter toute la finesse du parfum, je privilégie un diffuseur à froid comme l’Oshadhi Coolair. Déposez quelques gouttes sur sa cartouche réutilisable et commencez à faible vitesse.
La diffusion doit rester subtile. Dès que l’odeur devient suffisamment présente, vous pouvez arrêter l’appareil et laisser l’empreinte olfactive demeurer doucement dans la pièce.
Ici encore, l’objectif n’est pas de fabriquer une ambiance « spirituelle ». L’Oliban est simplement là, comme une présence silencieuse qui accompagne votre propre disponibilité.
Revenir au silence chez soi est une chose. Rester relié à cet espace lorsque nous entrons dans un lieu de travail, un rendez-vous, un transport ou un environnement très chargé en est une autre.
Le spray harmonisant Protection Oshadhi a été conçu pour une vaporisation atmosphérique, notamment dans le cadre professionnel. Sa composition associe des élixirs floraux et des huiles essentielles, parmi lesquelles la Mandarine, l’Encens et le Cyprès.
Vous pouvez en vaporiser légèrement autour de vous ou dans une pièce avant de commencer votre journée, une consultation, un temps de travail ou lorsque vous sentez que vous avez absorbé trop de bruit, de tensions et de sollicitations.
Je ne le vois pas comme une armure destinée à nous couper du monde. Au contraire : lorsque nous sommes moins happés par l’agitation environnante, nous pouvons être plus disponibles à ce qui est là, plus ouverts, moins réactifs.
Une ou deux vaporisations suffisent. Puis laissez faire. Là encore, il n’y a rien à visualiser et rien à fabriquer mentalement.
Nous attendons parfois que le monde devienne enfin calme pour pouvoir nous sentir en paix.
Mais le monde bouge. Il fait du bruit. Les gens parlent, les téléphones sonnent, les projets avancent, les problèmes apparaissent et disparaissent. Notre propre mental continuera lui aussi à produire des pensées.
Le silence intérieur ne consiste donc pas à attendre la disparition du mouvement. Il est ce qui devient perceptible lorsque nous cessons un instant de nous confondre entièrement avec ce mouvement.
L’Oliban nous rappelle ce lieu. Son hydrolat peut l’accompagner doucement tout au long de la journée. Son huile essentielle peut devenir un rendez-vous régulier avec la méditation et la présence. Sa diffusion peut offrir à la maison un espace olfactif propice au retour à soi.
Et peut-être qu’au fond, il n’y a rien de plus à faire.
Une respiration. Un parfum. Un instant sans commentaire.
Puis la vie reprend son mouvement.
Mais nous savons désormais que, sous ce mouvement, le silence est toujours là.
Jody ELLEAUME
Herbaliste
Lorsque le bruit intérieur, les ruminations ou une période de vie difficile touchent quelque chose de plus profond dans votre histoire, vous pouvez également découvrir les accompagnements que je propose autour de la présence à soi, au monde et au vivant. Découvrir les accompagnements de Jody Elleaume
J’anime également à l’École Lyonnaise de Plantes Médicinales des formations autour de l’aromathérapie, de l’hydrolathérapie et de l’équilibre émotionnel. Ces formations permettent d’approfondir l’olfaction, la qualité des extraits aromatiques et leur intégration dans une pratique personnelle ou professionnelle. Découvrir les formations de l’ELPM
MONIER Fabienne et ELLEAUME Jody, Hydrolathérapie holistique, ouvrage à paraître.
MONIER Fabienne et ELLEAUME Jody, L’Oracle des Plantes : Conscience, guérison et liberté – Hydrolats et huiles essentielles, ouvrage à paraître.